baalot a écrit:Bien sûr que des savoirs se perdent. Mais d'une, ce n'est pas la raison de l'abandon de certaines techniques mais une conséquence d'un changement d'habitudes et donc de production (cf mon exemple avec les épées, probable que les facteurs d'épées de la grande époque étaient plus balèze que les trois gugusses qui en font de nos jours, tout bons qu'ils soient), et ensuite, je ne pense pas que ce soit des savoirs-faire si "ultimes" qu'ils ne soient pas retrouvables. Mon propos c'est que si ils ne sont pas retrouvés, c'est qu'il n'y a pas besoin.
Je pense que le changement de production précède très souvent le changement d'habitudes de consommation.
La disparition de certains procédés de fabrications pratiqués par les manufactures s'est fait progressivement suite à l'avènement de procédés plus industrialisés. Le souci ,je trouve, c'est que pour survivre, au lieu de revendiquer un savoir faire patrimonial à part, les manufactures semblent avoir choisi de tenter de coller à la coutellerie industrielle, sans jamais réussir à atteindre les prix pratiqués par celle-ci malgré la diminution de la qualité globale de mise en forme et d'assemblage.
Est-ce que cette coutellerie aurait réussi à se maintenir en faisant des choix différents, ou bien est-ce que les acheteurs l'aurait de toute manière abandonné, je ne vais pas refaire l'histoire.
Est-ce qu'on pourrait retrouver ce qu'il y avait de bien dans ces procédés tout en gardant les autres avancées technologiques positives ? J'en sais rien, j'aimerais bien mais j'y crois moyennement.
Ca ne m'empêche pas de le déplorer en tant qu'amateur de couteau parce que ce que je vois lorsque j'arrive à dégotter un vieux couteau (fixe ou pliant) issu de cette coutellerie traditionnelle française est sans commune mesure avec ce qui se fait aujourd'hui, même chez des fabriquants réputées (français je parle).
baalot a écrit:Concernant les aciers "modernes", c'est pas juste les trucs bizarres à 67 hrc hein. Le 12, le 14C28N, des trucs "simples" au carbone, sont des aciers modernes comparés aux famauex "aciers fondus". Et j'ai jamais eu de problèmes de "chips" avec. Encore moins sur les couteaux de tables qui sont le sujet... Et à mon avis si la qulité de production (et pas de matériaux) a baissé globalement, il est faux de dire qu'elle n'existe plus.
Je citais les aciers comme exemple mais je ne regrette pas forcément les aciers du siècle dernier. En cuisine j'aime l'inox, un bon 154cm me convient parfaitement et correctement traité il supporte un fil très fin. Mais aujourd'hui, la majorité des couteaux sont vendus avec un gros fil en V dégueulasse au lieux d'une belle émouture "zéro grind" et quand on l'affine on a souvent des surprises.
En revanche, encore une fois, si tu as connaissance de fabricants de couteaux français qui font encore une qualité équivalente à ce qui était produit au siècle dernier, je suis preneur. Parce que pour le moment, que ce soit sur du pliant (régional ou non) ou du couteau fixe, j'ai été presque systématiquement déçu (exception faite du Dogue acheté récemment qui a su en partie retrouver cet esprit)
Je ne retrouve cette qualité et ce savoir faire que chez un tout petit nombre d'artisans.
baalot a écrit:Et pour la coutellerie Japonaise je suis un peu d'accord, mais c'est pour moi clairement un truc culturel plus qu'un complot marketing ou le fait qu'ils n'aient pas d'acier. Pour leur cuisine, ils ont besoin de plusieurs couteaux spécialisés. Donc ils en font. Et alors pour le coup, ce ne sont pas les meilleurs pour les couteaux de tables, même s'ils nous mettent la pilule sur les baguettes...

je pense aussi que c'est en grande partie culturel. Et du coup en couteaux modernes je n'ai quasiment que Japonais dans ma cuisine.
Alors que je préfèrerais avoir de beaux couteaux fabriqués en France.
Plus ça va, moins j'appuie.
"La coutellerie c'est de l'outil ça c'est la base après si certains veulent chier un gâteau en forme d'arc de triomphe ces pareil, la canalisation risque de pas kiffé." Billy 08 Oct 2021 21:57